Notre identité sociale

Devant l’élargissement des inégalités dans des proportions rarement constatées dans l’histoire de l’Humanité avec une concentration du capital, la question sociale devient un enjeu primordial.

La justice sociale est d’abord une question morale. Aucun système ne peut avoir pour résultat un enrichissement démesuré de quelques-uns en contrepartie de la paupérisation simultanée de beaucoup d’autres. Elle est ensuite nécessaire pour assurer la cohésion sociale, la paix sociale et aussi l’efficacité même de la société.

Enfin, les remises en question rendues inévitables par la crise climatique, qui ne seront acceptées que si elles sont équitablement supportées par les différentes couches de la société, transforment la justice sociale en un enjeu existentiel.

Cette situation doit nous conduire à repenser le sens même des inégalités sociales. Sont-elles souhaitables ? Qu’est-ce qui peut les justifier ? Quels peuvent en être les fondements ? En quoi sont-elles bénéfiques ? Jusqu’où sont-elles soutenables ?

Cette justice sociale doit se traduire par la recherche de l’égalité des chances pour tous les citoyens dès leur plus jeune âge. Elle impose aussi de limiter à un niveau raisonnable l’amplitude de l’échelle des revenus et de la légitimer sur des critères consensuels.

La justice sociale comme l’efficacité de la société imposent que les écarts de revenus soient basés sur le travail et le talent. Les écarts de patrimoines, devenus inacceptables, fragilisent la société. De même, l’accroissement des inégalités lorsqu’elles naissent comme aujourd’hui de la captation par une minorité de la richesse nationale, loin comme le prétend la thèse libérale d’encourager l’effort et la création de valeur, ne fait au contraire qu’étouffer l’activité en pénalisant la demande. Enfin l’accès au travail et sa juste rémunération sont des conditions indispensables à l’équilibre de la société.

L’objectif de justice sociale doit éviter de brider la société et d’empêcher la liberté et l’expression des individus dans leur vie personnelle et professionnelle : lorsqu’ils servent l’intérêt général, les compétences, le talent, l’initiative et le dynamisme doivent être rétribués à leur juste valeur.

La justice sociale doit privilégier, au plan interne, la solidarité envers les plus faibles et les accidentés de la vie par le biais de filets de protection adaptés, à l’instar de dispositifs contre la précarité (logement, éducation pour tous…). Elle doit éviter de maintenir d’autres catégories de population dans un assistanat chronique qui dévalorise le travail et n’assure pas l’intégration individuelle dans la société.

A l’échelle du continent, la politique sociale de l’UE (ses leviers tel le FSE+, …) doit être repensée et renforcée pour assurer sa fonction complémentaire des actions de l’Etat, compétence partagée fixant des règles minimales, dans le respect des diversités nationales. Parallèlement, la justice sociale doit aussi se décliner au niveau international, notamment par l’amélioration de la situation des pays en développement (PED), et des pays dits intermédiaires, chaque être humain devant pouvoir vivre dignement dans son propre pays, sans recourir à l’émigration pour accéder à un avenir meilleur.

Dernière mise à jour : 14 octobre 2026