La République française repose en premier lieu sur l’ensemble des valeurs et des principes qui la fondent et qui constituent son identité. Elle est centrée sur la forme de gouvernement et les modalités d’exercice du pouvoir politique, tandis que la notion de démocratie s’articule autour de la participation du peuple aux prises de décisions. Ainsi, la République française décline un processus démocratique que nous proposons de conforter. Toute personne vivant sur le territoire national doit respecter et adhérer à ses principes. L’article 1er de la Constitution de 1958 les mentionne (République indivisible, laïque, démocratique et sociale, …) assurant l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Pour éviter tout dévoiement institutionnel comme en 1940 avec l’avènement de l’Etat français, l’article 89 (qui énonce la procédure générale de révision de la Constitution) interdit toute révision de la forme républicaine du gouvernement.
Héritière du Siècle des Lumières et de la Révolution, la République repose sur un corpus de valeurs morales et de principes philosophiques qu’elle promeutauprès de l’ensemble des citoyens et tout particulièrement des jeunes.Les principes directeurs qui doivent guider la société dans la recherche de la Connaissance sont la Raison, l’Analyse, l’Expérience et l’Esprit Critique. Tout dogme, entendu comme vérité absolue imposée faussement par une autorité politique, philosophique ou religieuse, qui limite la capacité des humains à réfléchir et à penser par eux-mêmes doit être combattu d’autant plus fermement que l’obscurantisme et le complotisme, relayés par les réseaux sociaux, irriguent dangereusement la société. Avec une communication renversée, le faux devient le vrai, et le vrai paraît faux, confusion voulue qui mine le jugement des citoyens.
La République est le ciment qui rassemble et unit le Peuple français. Formée de citoyens égaux en droits et en devoirs liés par le respect des lois de la République, elle les réunit autour de valeurs de Démocratie, de Solidarité et de Justice. Ce principe fondamental doit assurer la cohésion de notre peuple. Toute tentative de diviser notre société par la promotion d’un communautarisme de quelque nature que ce soit doit être combattue. Seule la communauté nationale dans sa globalité est légitime. (NB : le cas spécifique des anciennes colonies d’outre-mer doit cependant être traité au cas par cas en tenant compte de l’histoire et de la culture de chacun de ces territoires ainsi que de la volonté des populations concernées).
La République a pour première mission de défendre l’intérêt général contre les intérêts particuliers lorsque ceux-ci le bafouent. Elle doit donner la prééminence aux biens communs, à leur préservation, à leur gestion, à leur accès pour tous les citoyens, dont ils sont une part fondamentale du patrimoine. En retour, ces biens communs sont une composante majeure du ciment qui unit les Français autour de l’idée de République.
La République doit garantir le fonctionnement démocratique de ses institutions face à la crise démocratique que nous vivons, marquée par la défiance et la désaffection des citoyens à l’égard de la représentation et la montée des populismes. Cette exigence vaut pour tous les rouages de notre démocratie et pour toutes les organisations qui relèvent des Pouvoirs publics (administrations civiles et militaires autorité judiciaire, …). Une réforme en profondeur est nécessaire pour redonner confiance aux citoyens en leurs institutions et ses représentants. Ce renouveau démocratique passera par une refonte en profondeur de la constitution.
La République doit protéger ses citoyens. Par son action régalienne, elle doit assurer la sécurité de tous ses citoyens, tant dans leur vie quotidienne face à la montée des incivilités, de la violence et de la délinquance, que pour répondre aux menaces extérieures dans un monde de plus en plus régi par la loi du plus fort. La restauration de l’autorité de l’État est incontournable pour atteindre cet objectif. Sa légitimité reposera sur la réforme républicaine et démocratique qu’il faudra engager.
La République doit garantir l’État de droit. Celui-ci est un système politique et juridique qui s’applique de façon uniforme, reposant sur quatre grands principes complémentaires : la même loi pour tous, la hiérarchie des normes, la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice. Il s’exprime notamment par le contrôle de la constitutionnalité des lois par le Conseil constitutionnel et de la légalité des règlements par le Conseil d’Etat. Lorsqu’une interprétation trop rigide de la Constitution freine l’action publique et remet en cause l’équilibre des pouvoirs entre l’Exécutif ou le Parlement et le Conseil constitutionnel, la voie référendaire devra être privilégiée pour trancher ce conflit d’interprétation de la norme suprême. D’une manière générale, le recours à la démocratie directe doit suppléer les faiblesses de la démocratie représentative lorsque le jeu des partis paralyse le fonctionnement des institutions. L’organisation du Conseil constitutionnel devra être modifiée pour permettre d’interpréter le plus juste possible le droit positif eu égard les nécessités de notre temps.
La République doit défendre la souveraineté du peuple français. « C’est le droit de touthomme à avoir sa part de souveraineté » (Jean Jaurès).La souveraineté de notre peuple est la matrice fondamentale dont découlent l’ensemble des libertés publiques. L’ambition est de maîtriser notre destin face aux forces du marché ou autres qui nous contraignent – impérialisme, GAFAM, structures mafieuses… La recherche de la souveraineté doit cibler tous les champs de la vie de notre pays, économique, financier, social, militaire et culturel dont notre quotidien dépend. Elle pourra être atteinte par la collaboration équitable avec d’autres peuples, notamment européens. En retour, cette forte exigence nous impose le respect de la souveraineté des autres peuples.
La République française doit trouver sa pleine expression dans une Europe réinventée. Il n’y a pas d’avenir pour la France en dehors d’une coopération avec ses voisins, mais l’actuelle Union Européenne (UE) n’est ni une construction équilibrée entre États-membres, ni une organisation supranationale respectueuse de l’identité des peuples. En échec global et face à leur colère, elle doit dans l’absolu être refondée par une révision des traités de base (TUE, TFUE). En connaissant la lourdeur d’une telle procédure, la République française doit reprendre sa liberté d’action sur des sujets – clés et restaurer sa souveraineté dans tous les secteurs stratégiques chaque fois que cela sera possible. Il sera ainsi recouru pleinement aux exceptions territoriales et sectorielles, aux dérogations en matière économique et de concurrence et aux clauses d’exemption dispensant de participer à des politiques communes défavorables aux intérêts nationaux, dispositifs prévus dans les traités. Plus largement, la France doit abandonner la vision mythique d’une Europe sublimée pour défendre âprement ses intérêts comme l’ont toujours fait ses partenaires.
